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Elections 2018 : le témoignage des élus sur leur rôle en CAP !

publié le 15 juin 2018 (modifié le 29 juin 2018)

En quoi consiste le travail d’un élu en CAP ?

Pour répondre à cette question, rien de mieux que d’aller à la rencontre de celles et ceux qui assurent, tout au long de l’année, la défense de vos intérêts, que ce soit pour vos mobilités, vos dossiers de promotion, mais aussi plus globalement sur tout sujet intéressant votre carrière (gestion du corps, règles de gestion, indemnitaire, évolution des fonctions grafables, décroisement des emplois fonctionnels et des AHC, etc.).

Les prochaines élections sont propices au renouvellement d’une partie de l’équipe, et nous avons lancé un appel à candidature auprès des adhérents. De plus, tout au long de l’année, une rotation s’effectue au gré des mobilités fonctionnelles ou des départs en retraite par exemple, obligeant parfois à remplacer des élus de CAP. Alors n’hésitez pas, à tout moment, à vous rapprocher dela permanence si vous éprouviez le souhait de rejoindre ce collectif d’élus UNSA-UPCASSE !

Alors voici des témoignages recueillis auprès de certains membres de notre équipe des élus UNSA-UPCASSE…

J’ai été élu à la CAP nationale en 2007 pour la première fois, puis réélu au cours de 4 mandats dont les durées ont été variables, en fonction des réformes statutaires (fusion des corps des attachés SD/AC ; création du CIGEM ; passage de 3 à 4 ans des mandats de CAP) : mandature 2007-2009 / mandature 2009-2011 / mandature 2011- 2014 / mandature 2014-2018. Résumer en quelques lignes le travail effectué depuis 11 ans semble difficile, aussi bien sur les mobilités, les promotions ou les divers recours intentés (notation, entretien professionnel, PFR…). La CAP est l’instance dédiée où on parle « des attachés ». C’est l’aventure humaine d’un groupe (en langage administratif, on dit « un corps ») et d’individus de ce groupe que j’ai eu l’honneur de défendre collectivement (c’est le sens de nos déclarations liminaires que nous rédigeons à chacune des CAP) et individuellement pour certains d’entre eux. Le fait d’avoir été à la tête de ce syndicat, durant une bonne partie de la période, représentant de manière continue une très large majorité des attachés, m’a conféré toute la légitimité à porter nos revendications et soutenir nos positions vis-à-vis de l’administration. Mon statut de permanent depuis ma première élection m’a laissé le temps nécessaire pour connaître les attachés, être joignable et les écouter, comprendre leur vécu, leur ressenti pour plusieurs d’entre eux avec leur histoire professionnelle et personnelle et quelle que soit leur localisation, leur apporter des conseils et les aider à sortir parfois d’un isolement difficile et mal vécu pour un cadre. C’est cette bonne connaissance des individus qui m’a donné la possibilité d’intégrer des éléments utiles et précis et dans la limite des mandats qui m’ont été fournis, pour soutenir des situations, parfois délicates au plan social, médical et humain. Plaider, argumenter, convaincre et tenter d’arracher une décision favorable, telle a été ma mission en CAP. Bien connaître ceux qui vous font confiance et même ceux qui n’ont pas forcément voté pour vous, c’est le travail essentiel que j’ai conduit pour défendre les agents, leur dossier, les sortir de l’arbitraire injuste parfois relevé, apporter des éclairages plus complets ou différents de nature à mieux appréhender la situation de chacun, au-delà de ce que peuvent en dire et écrire les services, et ainsi obtenir des décisions plus « justes ». Cela n’a pas été toujours le cas et je pense être bien loin d’avoir tout obtenu ! Mais ma satisfaction résidait dans le fait que je pouvais annoncer à un ou une collègue sa promotion ou la suite favorable donnée à son recours. Le travail s’est toujours effectué en équipe avec des collègues permanents et d’autres non permanents, où chacun apporte sa vision des choses, dans un cadre convivial. J’ai pu noter leur investissement en temps et en conviction pour défendre les intérêts de leurs mandants. Si je devais retenir une ou deux situations particulières, j’évoquerais le fait d’avoir obtenu une révision de fin détachement autoritaire d’un service employeur qui a débouché sur une nouvelle chance pour une collègue. De même, le fait d’avoir pu récupérer des dossiers de promotion « déclassés » dans le cadre de fusions de services (situation malheureusement fréquentes) a été une satisfaction personnelle, ou bien des promotions au « coup de chapeau » amplement méritées pour des collègues acquis à leurs missions de service public tout au long de leur carrière. Un regret ? Oui, pour une attachée qui est décédée prématurément peu de temps après avoir enfin pu obtenir une mobilité attendue depuis tant de mois, et qui au départ lui avait été imposée dans le cadre d’une opération de restructuration de son service initial l’ayant contrainte à changer 3 fois de service en région PACA (y compris hors ministère). Pour résumer et dans le contexte actuel où l’avenir des CAP est menacé, cette instance de dialogue social a permis de jouer son rôle, même si des adaptations dans son fonctionnement seront nécessaires.

Robert BAYLOCQ

J’ai participé à ma première CAP en tant que représentant titulaire des attachés d’administration hors classe de l’Etat, le 6 décembre 2016. A la demande du secrétaire national de l’UNSA UPCASSE (qui siège à la CAP), j’ai remplacé Sylvie Mathon qui avait démissionné de son mandat. Je n’ai pas été élu, suite aux dernières élections de 2014. J’ai participé à toutes les CAP qui ont eu lieu depuis cette date (soit 7 CAP). J’attache une importance particulière à l’assiduité : il s’agit de rendre la confiance qu’on m’a accordée. Les CAP portent sur des domaines très divers qui sont fixés par les textes réglementaires : mutations, détachements entrants, intégrations, titularisation des travailleurs handicapés, promotions (tableaux d’avancement et liste d’aptitude), recours sur entretien professionnel, recours indemnitaire, etc. Un mandat est un investissement personnel, qui nécessite de la disponibilité, de l’assiduité, de la coordination, de la relance et des échanges avec tous les autres collègues du syndicat, siégeant à la CAP. Nous avons une approche collective du travail à réaliser, au service de tous les agents, sans distinction. Sur le plan des promotions, par exemple, cela se traduit par un travail préparatoire qui est assigné à chacun, pour évaluer les différents dossiers qui sont proposés par l’administration. Je renseigne régulièrement les agents, à chaque fois qu’ils le demandent. Les conseils (assistance, expertise, stratégie) font également partie des services qui peuvent être rendus aux agents. Les pré-CAP précèdent les CAP : les pré-CAP ont lieu environ une semaine avant les CAP et réunissent les représentants du personnel et les représentants du bureau MGS1. Les pré-CAP permettent de traiter les dossiers particuliers en amont des CAP et de se mettre d’accord, dans le cas des promotions par exemple, sur les dossiers qui font consensus (positions convergentes), étant précisé qu’il reste toujours des dossiers pour lesquels les représentants de l’administration et les représentants du personnel ont des positions divergentes, qui font notamment l’objet d’échanges en CAP. La participation à toutes les CAP peut représenter jusqu’à 15 jours par an.

Patrick DUFEIL

Lors d’une CAP, sur un secteur concurrentiel du Sud de la France, nous avons été amené à examiner des demandes de mobilités qui concernaient 2 attachés principaux, 2 IDTPE et 1AUE. La proposition de l’administration consistait à affecter les 2 IDTPE au détriment des autres agents. Avec mes camarades de l’UPCASSE, nous avons proposé à l’administration une autre solution qui, par le jeu des chaises musicales sur les choix 1 et 2 des différents candidats, a permis d’affecter les 2 attachés principaux et les 2 IDTPE. Concrètement, nous sommes allés plus loin qu’une analyse très basique des dossiers permettant ainsi d’optimiser les solutions pur satisfaire un maximum d’agents, sans corporatisme, et de services. Cela résume assez bien la conception que l’UPCASSE peut avoir de son rôle en CAP : trouver des solutions pour un maximum d’agents dans le respect de leurs choix

David VRIGNAUD