Est-il plus rentable de cotiser pour sa retraite dans le secteur public que dans le privé ?

publié le 20 mars 2017 (modifié le 27 décembre 2017)

pour consulter l’article : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2647347?sommaire=2647454


L’INSEE a simulé la transposition du régime de retraite du secteur privé à plusieurs carrières types de fonctionnaires d’État.

Cet article permet de voir ce qu’il se passerait si les fonctionnaires se voyaient appliquer les règles du régime de retraite du secteur privé.

Les enseignements de cette étude :

Le calcul du salaire de référence peut paraître plus favorable dans les régimes du public puisque, pour des profils ascendants de carrières salariales, la moyenne des 6 derniers mois est toujours plus élevée que celle des 25 meilleures années. Cet « avantage » est néanmoins tempéré par le fait que le salaire de référence pour la retraite des fonctionnaires n’est calculé que sur une partie de leurs rémunérations.

Qu’il s’agisse d’agents de catégorie B, d’enseignants ou de cadres de catégorie dite A +, l’impact des règles du privé sur le taux de remplacement (le pourcentage du dernier salaire dans la première pension de retraite) n’est pas homogène.

Les primes sont déterminantes : ainsi, pour la génération née en 1955, s’apprêtant à partir à la retraite en 2017, la transposition du régime de retraite du secteur privé s’avérerait plus favorable pour des agents de catégorie B (secrétaires administratifs, contrôleurs, greffiers…), avec un taux de replacement en hausse de 6 points (de 69 à 75 %), que le régime de retraite du public.

Pour les cadres de catégorie A + (dirigeants d’administration centrale ou de services déconcentrés, ingénieurs, administrateurs civils…), l’application des règles du privé est à peine moins favorable que celle du régime de retraite du secteur public, leur taux de remplacement passant de 54 à 51 %.

Cette hétérogénéité résulte principalement du poids des primes dans la rémunération globale des agents publics, notamment en fin de carrière.

Plus cette part est élevée, moins le montant de la pension de retraite des fonctionnaires l’est en proportion du dernier salaire, puisque les primes ne sont pas prises en compte.

Comme les salaires de référence des fonctionnaires ne sont calculés que sur la base du salaire hors primes, les agents de catégorie B et les cadres A + (ayant respectivement une part de primes de 20 et 33 % dans leur salaire en fin de carrière) sont donc susceptibles de bénéficier d’un taux de remplacement plus avantageux avec les règles du privé.

Mais le départ à 67 ans serait plus avantageux dans le système de retraite du secteur public.

Le montant de la pension de retraite dépend aussi de l’âge de liquidation des droits et sur ce point-là, les gains semblent plus élevés pour les fonctionnaires en cas de départ à la retraite à 67 ans.
Dans le secteur public, la prolongation d’activité au-delà de l’âge d’ouverture des droits joue en effet sur le montant de la pension grâce à la mise en place d’une “surcote”, proportionnelle à la durée de prolongation d’activité et égale à 1,25 % par trimestre supplémentaire.

Une application qui serait “plus favorable à l’assuré que l’accumulation de points dans les régimes complémentaires du privé”, soulignent les auteurs de l’étude. Dans la pratique, le gain de retraite, pour un départ à 67 ans plutôt qu’à 62 ans, serait de 26 à 28 % dans le secteur public contre 17 à 21 % dans la sphère privée.

L’opposition entre « secteur public » et « secteur privé », comme angle d’analyse pertinent
en matière de retraite, n’est pas aussi évidente qu’il n’y parait. Il n’est pas plus rentable de cotiser pour sa retraite dans le secteur public que dans le privé, c’est bien l’enseignement principal de l’étude menée par l’INSEE.